L'exposition "Toutes des héroïnes"


Nous sommes encore bouleversés des atrocités commises à Paris vendredi, de voir cette violence à nos portes, presque chez nous. Encore une fois, nous sommes sous le choc de constater que la voie de la violence est choisie par certains mais pour arriver à quelles fins ? pour exprimer quel mal-être ? au nom de quel amour pour un peuple, pour une religion ? pour faire passer quel message ?
 
Ces violences, dans quelque contexte que ce soit, nous laissent tous finalement bien démunis.
 
Le contexte qui nous rassemble aujourd’hui est très précis : les violences intrafamiliales.
Ces violences sont d’autant plus perverses qu’elles frappent au cœur de nos foyers, là où les victimes sont les plus vulnérables et d’autant plus cruelles que les auteurs sont les personnes que l’on connait le mieux : un mari, une épouse, une mère, un père, un frère, une sœur.
Ce contexte, l’équipe D’une rive à l’autre de la Ville de Namur le connait très bien. C’est cette équipe, que je salue, qui a mis sur pied les deux semaines qui commencent aujourd’hui et qui ont pour objectif de mettre en lumière ce sujet bien délicat.
Leur projet, comme chaque année, s’articule autour du 25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et est symbolisé par le Ruban Blanc. (J’espère que vous portez tous le vôtre pour le moment !).
Un symbole : le ruban blanc ; un slogan : « Je t’aime un peu, beaucoup, brutalement, passionnément, agressivement… » pour bien marquer les esprits. C’est un peu l’objectif de ces quinze jours. Il faut mettre à la lumière du jour, sensibiliser, informer et réfléchir ensemble pour mieux avancer.
 
Ces semaines Rubans Blancs, c’est aussi l’occasion de mettre en lumière le travail quotidien de l’équipe D’Une Rive à l’autre, de faire leur « publicité ».
Car le pire pour une victime de violence est de rester seul. Ce service est là pour ces victimes. Mais D’Une Rive à l’autre est aussi et surtout une porte d’entrée pour de nombreux professionnels confrontés à ce type de violence et démuni. Médecin, assistant social, infirmiers, éducateurs, instituteur… les situations de violences intrafamiliales sont régulièrement détectées par des proches.
 
Ces phénomènes de violences se rencontrent dans toutes les classes sociales mais touchent plus durement encore les personnes les plus fragiles, soit par leur jeune âge ou par leur situation de précarité économique.

Les statistiques en ces matières doivent être lues avec précaution. Car les plaintes déposées ne représente que la partie émergée de l’iceberg. On dit que seules 3 % des victimes déposeraient plainte ! Cette réalité est donc extrêmement concrète et interpellante.

Faisons ensemble sortir de la sphère privée ces phénomènes de violences. Toutes les classes sociales sont concernées, tous les publics aussi, c’est donc un problème de société.
Faire reculer le sexisme et combattre les préjugés en la matière est une première manière de combattre les violences intrafamiliales.

Parler des violences, briser le silence est un autre axe de travail. Proposer des réseaux et des services d’aide aux victimes est encore une autre piste.
 
L’exposition qui nous réunit aujourd’hui marque d’emblée son caractère constructif en matière de violences. « Toutes des héroïnes » : il est possible de s’en sortir.

Je ne peux que vous conseiller de lire attentivement les témoignages présents dans cette exposition, bouleversants de réalisme. D’autres actions menées durant cette quinzaine : les ateliers qui se déroulent le 25 novembre et la projection d’un procès d’assises fictif le 26 novembre.
 
Autre moment symbolique, la distribution des rubans blancs, le 25 novembre.
 
Constatons les violences, ouvrons bien les yeux mais regardons aussi toutes les aides possibles, les mains tendues, les rassemblements qui s’ensuivent.
 
N’acceptons plus aucune violence faite au respect de l’autre, à la dignité.
Porter le Ruban blanc, c’est comme des personnes dans le monde entier, exprimer par un geste simple et symbolique votre opposition aux violences physiques, psychologiques et sexuelles dont sont victimes les citoyens et citoyennes du monde entier.
 
Portons ce ruban blanc en ce signe de refus des violences intrafamiliales et ayons une pensée émue pour toutes les victimes de violences dans le monde.
 
A ce sujet, il est une femme en particulier dont nous pouvons souligner l’action. Florence Lobet a reçu le titre honorifique de Femme de Paix par l’ONU pour sa lutte contre toute forme de violence et son engagement pour mieux accueillir les victimes de violence domestique et conjugale.

Elle a lancé un projet de service ambulatoire spécifique et gratuit pour venir en aide aux victimes de ces violences dans une structure hospitalière à Auvelais et au CHR.

Elle a su créer un réseau d’intervenants et d’intervenantes de terrain (parquet, juges, avocats, police, milieu médical) qui fonctionne. Dans son centre « les violences conjugales, ça vaut pas l’coup ! » elle remplit toutes les fonctions d’accueil, de conseil et d’accompagnement. En neuf ans, plus de 900 femmes ont pu se faire soutenir, 7j/7 ; 24h/24.


 





Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 14 Septembre 2018 - 04:21 Namur : recensement des kots

Vendredi 7 Septembre 2018 - 04:21 L'ecran des faisables