Le 17 octobre 2013, prise de parole en introduction du cycle de 2 journées de formation organisées par le Service de Cohésion Sociale et destinées aux praticiens de la médiation ainsi que d'un public intéressé par les outils de la médiation.
Cette année, la thématique du pouvoir en Médiation sera abordée de façon théorique et pratique. Le choix de ce thème est lié à la question de la posture du médiateur, celle-ci allant de pair avec la dimension éthique inhérente à son travail.
PRISE DE PAROLE
C’est avec un tout grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue aux journées formatives « Médiathèmes » organisées par l’équipe des médiatrices de la Cellule Egalité des chances du Service de Cohésion sociale. J’en profite d’ailleurs pour les remercier toutes très chaleureusement, pour l’organisation de ces journées, mais aussi pour leur travail au quotidien, réalisé avec tant d’enthousiasme et d’engouement.
Encore ce matin, je me faisais la réflexion que nous vivions dans une société bien paradoxale.
Alors que les conflits continuent d’éclater de par le monde, qu’ils soient à l’échelle d’un pays, d’un continent ou à l’échelle individuelle (que ce soit un conflit entre deux voisins pour un arbre mal coupé, des sacs de déchets ménagers pas mis sur le trottoir le bon jour de la semaine, ou pour des nuisances sonores dispensées durant toutes les nuits depuis des mois par un chien aux aboiements aigus)… il y a simultanément l’apparition de courants d’idées, de comportements et de pratiques qui viennent tirer notre société en avant pour la grandir, pour l’emmener lentement et sûrement vers un présent et un avenir de plus en plus convivial, vers un présent et un avenir de plus en plus serein, et de plus en plus empreint de respect.
La médiation participe à cette métamorphose douce et constructive de notre société…
Pour ma part, je peux vous dire que je suis très heureuse de pouvoir participer de plus près, en tant qu’Echevine de la Cohésion sociale, du Logement et de l’Egalité des chances de la Ville de Namur, à cette mutation vers plus d’humanisme et vers plus de maturité dans la gestion des relations humaines.
En effet, continuer à promouvoir ce travail, qui consiste principalement à trouver des terrains d’entente et à construire des ponts entre les gens sur des problématiques parfois bien compliquées, me donne bien du baume au cœur, sachez-le !
Cette méthodologie prend ses marques au sein de la Ville de Namur depuis maintenant 15 années. Elle s’y épanouit bien et a certainement encore plein d’années devant elle (rêvons un peu) pour que tout citoyen namurois puisse sortir de l’idée, que face à un conflit, il faut inévitablement un gagnant et un perdant, et entrer dans celle où chacun peut gagner.
Médiathèmes n’en est pas à sa première édition ; nous en sommes aujourd’hui à la 5ème :
- Après avoir présenté la Médiation en tant que telle, lors d’une première édition,
- Après avoir vu la variété de méthodes et de styles de médiateurs, lors d’une 2ème édition,
- Après avoir posé un autre regard sur l’agressivité lors d’une 3ème,
- Et après visité la médiation sous le mode interculturel afin de passer du choc au dialogue l’année dernière, lors d’une 4ème édition,
- L’édition de ce jour, tout comme vous l’avez lu dans le programme, va parler de pouvoir. En effet elle s’intitule « le pouvoir en médiation ».
Le thème de ces deux journées est donc le pouvoir ; ce mot devenu sulfureux à notre époque. Or, le pouvoir est tout simplement et tout d’abord une faculté, une capacité, une possibilité matérielle ou tout simplement la permission de faire quelque chose, si je me réfère à la définition d’un dictionnaire…
Il devient effectivement sulfureux au moment où, il est apposé sur d’autres personnes que soi-même dans une intention consciente ou non d’en abuser !
A ce sujet, le philosophe contemporain bien connu, Michel Onfray écrit en 2000 dans son livre « Cynismes » : « devant tout pouvoir qui exige soumission et sacrifices de toute nature, la tâche du philosophe est l’irrespect, l’effronterie, l’impertinence, l’indiscipline et l’insoumission.
Rebelle et désobéissant, et bien que convaincu du caractère désespéré de sa tâche, il se doit d’incarner la résistance devant le léviathan et ses porteurs d’eau ».
Sans pour autant me targuer du titre de philosophe, je ne peux que dire un grand Oui à ce qu’il écrit. En effet, pour ma part, tout pouvoir qui exige soumission et sacrifices de toute nature ne peut être toléré. Ce, d’autant plus lorsque ce type de pouvoir est utilisé au détour d’aussi nobles méthodologies telles que la médiation.
La médiation étant pratiquée par des êtres humains, elle ne peut donc pas être épargnée de cette dérive-là aussi, et donc cette journée vient bien à point pour faire le point sur cette réalité sulfureuse que comportent certains types de pouvoir.
Par ailleurs, lorsque je regarde le programme concocté par la cellule Egalité des chances pour cette 5ème édition Médiathèmes, je me dis que vous allez certainement pouvoir passer deux très belles journées.
Je remercie également tous les intervenants et intervenantes qui participent de très près à ce beau projet de société, que ce soit au jour le jour, dans la pratique de leur métier au quotidien, et que ce soit aujourd’hui et demain dans la transmission de leur savoir et de leur expérience.
Très beau travail à tous et à toutes !
Cette année, la thématique du pouvoir en Médiation sera abordée de façon théorique et pratique. Le choix de ce thème est lié à la question de la posture du médiateur, celle-ci allant de pair avec la dimension éthique inhérente à son travail.
PRISE DE PAROLE
C’est avec un tout grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue aux journées formatives « Médiathèmes » organisées par l’équipe des médiatrices de la Cellule Egalité des chances du Service de Cohésion sociale. J’en profite d’ailleurs pour les remercier toutes très chaleureusement, pour l’organisation de ces journées, mais aussi pour leur travail au quotidien, réalisé avec tant d’enthousiasme et d’engouement.
Encore ce matin, je me faisais la réflexion que nous vivions dans une société bien paradoxale.
Alors que les conflits continuent d’éclater de par le monde, qu’ils soient à l’échelle d’un pays, d’un continent ou à l’échelle individuelle (que ce soit un conflit entre deux voisins pour un arbre mal coupé, des sacs de déchets ménagers pas mis sur le trottoir le bon jour de la semaine, ou pour des nuisances sonores dispensées durant toutes les nuits depuis des mois par un chien aux aboiements aigus)… il y a simultanément l’apparition de courants d’idées, de comportements et de pratiques qui viennent tirer notre société en avant pour la grandir, pour l’emmener lentement et sûrement vers un présent et un avenir de plus en plus convivial, vers un présent et un avenir de plus en plus serein, et de plus en plus empreint de respect.
La médiation participe à cette métamorphose douce et constructive de notre société…
Pour ma part, je peux vous dire que je suis très heureuse de pouvoir participer de plus près, en tant qu’Echevine de la Cohésion sociale, du Logement et de l’Egalité des chances de la Ville de Namur, à cette mutation vers plus d’humanisme et vers plus de maturité dans la gestion des relations humaines.
En effet, continuer à promouvoir ce travail, qui consiste principalement à trouver des terrains d’entente et à construire des ponts entre les gens sur des problématiques parfois bien compliquées, me donne bien du baume au cœur, sachez-le !
Cette méthodologie prend ses marques au sein de la Ville de Namur depuis maintenant 15 années. Elle s’y épanouit bien et a certainement encore plein d’années devant elle (rêvons un peu) pour que tout citoyen namurois puisse sortir de l’idée, que face à un conflit, il faut inévitablement un gagnant et un perdant, et entrer dans celle où chacun peut gagner.
Médiathèmes n’en est pas à sa première édition ; nous en sommes aujourd’hui à la 5ème :
- Après avoir présenté la Médiation en tant que telle, lors d’une première édition,
- Après avoir vu la variété de méthodes et de styles de médiateurs, lors d’une 2ème édition,
- Après avoir posé un autre regard sur l’agressivité lors d’une 3ème,
- Et après visité la médiation sous le mode interculturel afin de passer du choc au dialogue l’année dernière, lors d’une 4ème édition,
- L’édition de ce jour, tout comme vous l’avez lu dans le programme, va parler de pouvoir. En effet elle s’intitule « le pouvoir en médiation ».
Le thème de ces deux journées est donc le pouvoir ; ce mot devenu sulfureux à notre époque. Or, le pouvoir est tout simplement et tout d’abord une faculté, une capacité, une possibilité matérielle ou tout simplement la permission de faire quelque chose, si je me réfère à la définition d’un dictionnaire…
Il devient effectivement sulfureux au moment où, il est apposé sur d’autres personnes que soi-même dans une intention consciente ou non d’en abuser !
A ce sujet, le philosophe contemporain bien connu, Michel Onfray écrit en 2000 dans son livre « Cynismes » : « devant tout pouvoir qui exige soumission et sacrifices de toute nature, la tâche du philosophe est l’irrespect, l’effronterie, l’impertinence, l’indiscipline et l’insoumission.
Rebelle et désobéissant, et bien que convaincu du caractère désespéré de sa tâche, il se doit d’incarner la résistance devant le léviathan et ses porteurs d’eau ».
Sans pour autant me targuer du titre de philosophe, je ne peux que dire un grand Oui à ce qu’il écrit. En effet, pour ma part, tout pouvoir qui exige soumission et sacrifices de toute nature ne peut être toléré. Ce, d’autant plus lorsque ce type de pouvoir est utilisé au détour d’aussi nobles méthodologies telles que la médiation.
La médiation étant pratiquée par des êtres humains, elle ne peut donc pas être épargnée de cette dérive-là aussi, et donc cette journée vient bien à point pour faire le point sur cette réalité sulfureuse que comportent certains types de pouvoir.
Par ailleurs, lorsque je regarde le programme concocté par la cellule Egalité des chances pour cette 5ème édition Médiathèmes, je me dis que vous allez certainement pouvoir passer deux très belles journées.
Je remercie également tous les intervenants et intervenantes qui participent de très près à ce beau projet de société, que ce soit au jour le jour, dans la pratique de leur métier au quotidien, et que ce soit aujourd’hui et demain dans la transmission de leur savoir et de leur expérience.
Très beau travail à tous et à toutes !







